Cette page répond aux deux questions que tout débutant se pose le même jour : comment tenir sa raquette de padel, et comment poser un grip ou un surgrip dessus. Vous y trouverez la prise continentale expliquée main par main, puis la pose du surgrip étape par étape, sans comparatif de marque ni mention de prix.
Au padel, une seule prise couvre tout le jeu : la prise continentale, que les joueurs appellent « prise marteau » parce que la main empoigne le manche comme elle empoignerait un marteau. Coup droit, revers, volée et service se jouent avec la même position de main, sans réglage entre deux frappes.
Cette unicité vient du format du jeu. Le court mesure 20 m sur 10 m, les échanges se déroulent près du filet ou contre des vitres de 3 m, et le temps de préparation entre deux frappes reste très court. Changer de prise à chaque coup, comme au tennis, ferait perdre un temps que le padel ne laisse pas.
Un joueur de tennis alterne une prise semi-fermée pour le coup droit, une prise continentale pour la volée et le service, parfois une prise western pour lifter fort. Le padel a supprimé cette variété.
La raquette est courte, le tamis n'est pas cordé, et le jeu se construit sur la vitesse de réaction plutôt que sur la puissance liftée. Une prise unique élimine le temps de réglage entre deux échanges, ce qui compte davantage que la charge de balle.
Pour trouver la prise continentale, posez la raquette à plat sur une table, tamis vertical, et attrapez le manche comme vous serreriez une main tendue devant vous. La paume se pose sur le chant du cadre, la tranche qui sépare la face avant de la face arrière du tamis, et non sur une des deux faces plates.
L'index reste légèrement décalé des trois autres doigts, presque en position de gâchette, remonté sur le manche par rapport au majeur. Ce décalage donne de la sensibilité au poignet pour orienter le tamis sans tourner tout le bras.
Un repère simple : posez le tranchant de la main, le petit doigt en bas, sur le chant du cadre puis refermez les doigts un par un, en partant du petit doigt. Si le pouce vient se poser à plat contre le côté du manche, sans l'enrouler complètement par-dessus, la prise est correcte.
La base de la paume, la partie charnue proche du poignet, vient se caler contre le talon du manche, juste au-dessus de l'embout où s'attache la dragonne. Les doigts s'enroulent autour du manche sans le serrer contre la paume à pleine main.
Entre le pouce et l'index se dessine un petit espace en V, visible sur le dessus du manche quand vous regardez la raquette de haut. Ce V légèrement ouvert permet au poignet de pivoter dans les deux sens, vers l'intérieur pour le coup droit, vers l'extérieur pour le revers, sans changer la prise.
Le pouce reste posé le long du manche plutôt que replié dessus. Un pouce trop enroulé bloque la rotation du poignet au moment de la frappe et pousse à ouvrir le tamis trop tôt, un défaut fréquent chez les joueurs qui gardent des réflexes de revers à deux mains venus du tennis.
La main ne serre pas la raquette avec la même force pendant tout l'échange. Entre deux frappes, la prise reste souple, presque légère, pour garder la vitesse de réaction nécessaire à la volée et au jeu de vitres. Le serrage ne se ferme que sur la dernière fraction de seconde avant le contact avec la balle.
Une main crispée en permanence fatigue l'avant-bras plus vite et réduit la vitesse de tête de raquette, donc la puissance disponible sur un smash ou une bandeja. Elle limite aussi la capacité d'amortir une balle rapide renvoyée par les vitres, un geste qui demande justement de la souplesse au poignet.
Une prise trop serrée en continu fait partie des facteurs associés aux douleurs de coude chez les joueurs de padel, aux côtés du matériel et de la fréquence de jeu. Le sujet est détaillé sur la page consacrée à l'épicondylite au padel, avec les leviers pour la prévenir.
Certains débutants adoptent instinctivement une prise fermée, façon poignée de porte, paume complètement sous le manche. Elle donne l'impression de mieux « pousser » la balle en coup droit, mais elle oblige à tourner le poignet pour chaque revers et rend la volée haute presque impossible à contrôler.
D'autres serrent le manche trop haut sur le tamis, par réflexe de raquette de tennis, ou trop bas, au ras de l'embout, ce qui réduit le bras de levier utile au service et au smash.
Le jeu de padel enchaîne défense et attaque en quelques secondes, souvent sur le même point après une sortie de vitre. Une prise qui n'est efficace que sur un seul type de coup oblige à improviser un changement de main en pleine action, ce que la prise continentale rend inutile.
Sur la volée, la prise continentale laisse le tamis légèrement ouvert par défaut, ce qui aide à bloquer la balle plutôt qu'à l'accompagner d'un grand geste. Le coup se joue surtout avec l'avant-bras et le poignet, sans rotation complète de l'épaule.
Sur la bandeja, la prise ne change pas non plus : c'est le poignet qui se verrouille légèrement au moment du contact pour trancher sous la balle, ce qui ralentit sa vitesse et permet d'avancer vers le filet pendant que le point continue.
Le smash demande la même prise continentale, mais avec une pronation de l'avant-bras proche de celle d'un service, comme on tournerait une clé dans une serrure. Cette rotation du bras génère la vitesse de tête de raquette, pas un changement de main.
C'est tout l'intérêt de la prise unique : passer de la défense à l'attaque, ou l'inverse, sans perdre de temps à repositionner les doigts sur le manche pendant que la balle arrive.
Un joueur formé au tennis arrive souvent au padel avec une prise semi-fermée de coup droit, apprise pour lifter fort. Sur une raquette de padel sans cordage, cette prise ouvre trop le tamis à l'impact et envoie la balle dans le filet ou trop long.
Le réflexe de lifter avec un geste de poignet ample pose le même problème : le padel récompense le placement et la variation de hauteur, pas la vitesse de balle brute, surtout dans un espace où les vitres renvoient tout ce qui n'est pas gagnant.
Ces trois habitudes se corrigent progressivement, une fois que la main reste fixe en prise continentale et que le geste s'appuie sur la rotation du bras plutôt que sur celle du poignet seul.
Le grip d'origine est la couche installée en usine directement sur le manche. Il donne sa forme définitive à la poignée et n'est pas pensé pour être changé souvent : sous la transpiration et le temps, il durcit et perd son accroche, mais le remplacer demande de désassembler complètement le manche.
Le surgrip, lui, se pose par-dessus le grip d'origine. C'est une fine bande adhésive et texturée, le seul élément vraiment consommable de la poignée : c'est lui qu'on change régulièrement, sans toucher au grip d'origine en dessous.
| Grip d'origine | Surgrip | |
|---|---|---|
| Pose | En usine, une seule fois | Par le joueur, à répéter |
| Épaisseur | Structurelle, donne sa forme au manche | Fine couche ajoutée par-dessus |
| Rôle | Base et amorti du manche | Accroche fraîche et absorption de la transpiration |
Le choix d'un modèle de surgrip (texture, épaisseur, matière) dépend surtout de la transpiration des mains et de la sensation recherchée. Notre comparatif des surgrips détaille les modèles disponibles sur des critères publics et vérifiables, sans que cela ne change la méthode de pose décrite ci-dessous.
La pose se fait toujours de bas en haut, jamais l'inverse. Commencer par le haut du manche laisse un rebord de surgrip qui se soulève au premier échange et se décolle en quelques points.
Un recouvrement régulier d'un tiers évite deux défauts opposés : des zones à double ou triple épaisseur si le recouvrement est trop large, et des bandes de manche à nu si les tours sont trop espacés.
Le surgrip est une bande élastique : il s'étire légèrement pendant la pose. Tirer avec une tension modérée et constante à chaque tour donne un manche régulier au toucher, sans bosse ni creux.
Une tension trop faible laisse le surgrip flotter, il se décale et se froisse dès les premiers échanges. Une tension excessive l'étire au point de le fragiliser : il se fissure sur les bords ou se déchire net après quelques séances.
Une fois le manche entièrement recouvert, la petite bande adhésive fournie avec le surgrip vient fixer l'extrémité : deux tours serrés autour du haut du manche suffisent, en tirant pour bien la faire adhérer, puis on coupe l'excédent au cutter ou aux ciseaux pour un bord net.
Certains joueurs à grande main ajoutent une seconde couche de surgrip sur toute la longueur du manche pour augmenter le diamètre. C'est un choix de confort personnel, pas une étape obligatoire de la pose.
Un surgrip qui a fait son temps se reconnaît à quelques signes visibles avant même de sentir un manque d'accroche en jeu.
La fréquence de changement dépend surtout du nombre de séances jouées et de la transpiration de chacun : un joueur qui transpire beaucoup ou qui joue plusieurs fois par semaine use un surgrip nettement plus vite qu'un joueur occasionnel. Le repère le plus fiable reste la sensation d'accroche en main, pas un calendrier fixe.
Avant de poser un nouveau surgrip, il vaut mieux nettoyer le grip d'origine qui reste en dessous. Un chiffon légèrement humide, sans détergent agressif, suffit à retirer les résidus de transpiration et la poussière accumulée sous l'ancien surgrip.
Laisser sécher complètement le manche avant d'enrouler le nouveau surgrip. De l'humidité emprisonnée sous la bande favorise les mauvaises odeurs et accélère le décollement, surtout par temps chaud.
Si le grip d'origine est craquelé, dur ou irrégulier sous les doigts malgré le nettoyage, aucun surgrip ne corrigera durablement le problème : la sensation de manche restera inégale. C'est le signe qu'il faut faire remplacer le grip d'origine par un professionnel, une opération distincte de la simple pose d'un surgrip.
La dragonne s'attache au trou percé dans l'embout, au bout du manche, puis s'enroule autour du poignet. En compétition, les règlements imposent de jouer dragonne fermée au poignet : si la raquette échappe de la main sans elle et gêne le jeu, le point revient à l'adversaire.
La plupart des dragonnes se détachent en ouvrant un petit maillon ou un nœud coulissant au niveau de l'embout. Il suffit ensuite de retirer l'ancienne lanière, de glisser la nouvelle dans le même trou et de refermer l'attache avant de resserrer autour du poignet.
Contrairement à une raquette de tennis, le tamis du padel n'est pas cordé : il n'y a donc pas de cordage où glisser un antivibrateur. En padel, ce petit accessoire en silicone se clipse directement sur le cadre, généralement près de la gorge, entre le manche et le tamis, là où les trous du cadre sont les plus accessibles.
Son rôle est d'absorber une partie des vibrations transmises au bras au moment de l'impact, un complément utile à une prise relâchée pour limiter la fatigue de l'avant-bras sur une longue séance.
Une fois la prise et le grip maîtrisés, le geste devient un détail qu'on ne pense plus à corriger pendant le jeu. La suite se joue sur le placement et les trajectoires : notre page pour progresser au padel détaille les exercices et la structure d'entraînement pour aller plus loin.
La prise universelle du padel est la prise continentale, dite « prise marteau ». La paume se pose sur le chant du cadre, comme pour serrer une main, avec l'index légèrement décalé des autres doigts. Cette même prise sert pour le coup droit, le revers, la volée et le service, sans qu'il faille jamais la changer pendant un point. Elle reste souple entre les frappes et se ferme fermement seulement au moment du contact avec la balle.
Le surgrip s'enroule toujours de bas en haut, en partant du bas du manche près de l'embout. Chaque tour recouvre le précédent sur environ un tiers de sa largeur, en tirant légèrement sur la bande pour garder une tension régulière. Le film plastique de protection se retire au fur et à mesure, jamais en une seule fois. Une fois le manche recouvert jusqu'en haut, la bande adhésive fournie avec le surgrip fixe l'extrémité.
Le grip d'origine est posé en usine sur le manche et n'est pas fait pour être changé souvent : il donne sa forme définitive à la poignée. Le surgrip se pose par-dessus, c'est une fine bande texturée que chaque joueur remplace lui-même, sans toucher au grip d'origine en dessous. Poser un grip sur une raquette qui n'en a pas encore revient en réalité à poser un surgrip par-dessus le manche nu ou le revêtement existant, avec la même méthode d'enroulement de bas en haut.
Toujours de bas en haut, en commençant tout en bas du manche, près de l'embout ou du trou de la dragonne, jusqu'au renflement qui marque le haut de la poignée. Commencer par le haut laisse un rebord qui se soulève et se décolle dès les premiers échanges. Le recouvrement d'un tour sur l'autre doit rester régulier, environ un tiers de la largeur de la bande, pour éviter les zones à double épaisseur ou les bandes de manche laissées à nu.
Non, pas en continu. La prise reste souple entre deux frappes pour garder de la réactivité à la volée et dans le jeu de vitres, et ne se ferme fermement qu'au moment précis du contact avec la balle. Une main crispée pendant tout l'échange fatigue l'avant-bras plus vite, réduit la vitesse de tête de raquette et fait partie des facteurs associés aux douleurs de coude chez les joueurs de padel.
Quand la surface devient lisse et brillante, glisse dès que la main transpire, ou que les bords commencent à se décoller. La fréquence dépend surtout du nombre de séances jouées et de la transpiration de chaque joueur, sans calendrier universel. Le repère le plus fiable reste la sensation d'accroche en main plutôt qu'une durée fixe.
La dragonne se détache généralement en ouvrant un petit maillon ou un nœud coulissant au niveau de l'embout, au bout du manche. Il suffit de retirer l'ancienne lanière, de glisser la nouvelle dans le même trou percé dans l'embout, puis de refermer l'attache. La dragonne doit ensuite s'ajuster confortablement autour du poignet sans serrer excessivement.
Le tamis du padel n'étant pas cordé, l'antivibrateur ne se glisse pas dans des cordes comme au tennis. Ce petit accessoire en silicone se clipse directement sur le cadre, le plus souvent près de la gorge de la raquette, entre le manche et le tamis. Il absorbe une partie des vibrations transmises au bras à l'impact, en complément d'une prise relâchée entre les coups.
Avant de poser un nouveau surgrip, un chiffon légèrement humide suffit à retirer les résidus de transpiration accumulés sur le grip d'origine, sans détergent agressif. Le manche doit ensuite sécher complètement avant l'enroulement du nouveau surgrip, pour éviter les mauvaises odeurs et un décollement prématuré. Si le grip d'origine reste dur ou craquelé malgré le nettoyage, c'est lui qu'il faut faire remplacer, pas seulement le surgrip.
La prise continentale reste identique quel que soit le coup, ce qui change c'est le mouvement du bras et du poignet. À la volée, le tamis reste légèrement ouvert pour bloquer la balle plutôt que l'accompagner. Sur la bandeja, le poignet se verrouille légèrement pour trancher sous la balle en avançant vers le filet. Sur le smash, une pronation de l'avant-bras proche du service génère la vitesse de tête de raquette, sans changer la main de position.