La chiquita au padel : technique, cible et moment idéal

La chiquita, c'est la balle basse et courte que vous glissez aux pieds des joueurs montés au filet, depuis le fond du court. Objectif : les obliger à jouer une volée sous le niveau du filet pour leur voler l'initiative. Ce guide détaille la technique, la cible, le bon moment et les fautes qui la transforment en cadeau.

Par Thomas Rivière, coach de padel · Publié le 4 juillet 2026 · 12 min

L'essentiel

  • La chiquita est un coup d'attaque bas et court, joué du fond de court, qui vient mourir dans les pieds des adversaires au filet.
  • Le but n'est pas de marquer directement mais de forcer une volée basse défensive, puis de monter au filet dans la foulée.
  • Elle se joue au toucher, jamais à la puissance : la balle passe juste au-dessus du filet et retombe vite avant la ligne de service adverse.
  • C'est l'alternative basse au lob : le lob passe au-dessus des adversaires, la chiquita passe bas et court, aux pieds.
  • Coup à haut risque : trop haute ou trop lente, elle devient une balle facile à smasher. La précision prime sur tout le reste.

La chiquita au padel, c'est quoi

La chiquita est un coup d'attaque joué depuis le fond de court, bas et court, dont la balle vient retomber dans les pieds des adversaires montés au filet. Le mot vient de l'espagnol chiquita, qui veut dire « petite ». Le nom colle au coup : c'est une balle courte, discrète, sans puissance, qui casse le rythme.

Contrairement à un coup de fond classique où vous cherchez à repousser l'adversaire, ici vous cherchez à le piéger. La balle passe juste au-dessus du filet et meurt vite, dans la zone entre le filet et la ligne de service adverse. Le joueur au filet ne peut pas la laisser rebondir : il doit la prendre en bas, souvent sous le niveau de la bande. C'est une volée inconfortable, défensive, qui vous rend l'initiative.

La chiquita n'est donc pas un coup pour marquer le point. C'est un coup de transition : vous êtes en défense au fond, vous jouez une chiquita propre, l'adversaire renvoie une volée molle, et vous montez au filet à votre tour. Toute la logique du point s'inverse.

À quoi sert vraiment ce coup

Au padel, le duo qui tient le filet domine le point. De là, on volleye vers le bas, on attaque, on ferme les angles. L'équipe reléguée au fond subit. Le seul moyen de renverser cette situation, c'est de déloger l'adversaire du filet, ou au moins de le mettre en difficulté sur sa volée.

Il existe deux façons de le faire. La première, c'est le lob : vous passez au-dessus des adversaires, ils reculent, vous montez. La seconde, c'est la chiquita : vous passez bas et court, dans leurs pieds, ils sont forcés à une volée basse défensive, vous montez aussi.

La chiquita répond à un problème précis. Quand vos lobs sont bien lus et smashés, ou quand les adversaires anticipent la balle haute, la chiquita vous offre une autre porte de sortie. Elle sert aussi de variation : si vous ne faites que lober, vous devenez prévisible. Alterner lob et chiquita empêche le duo adverse de se caler.

Chiquita ou lob : deux outils, un même but

Le lob et la chiquita partagent l'objectif : reprendre le filet. Ils s'opposent sur la trajectoire. Le lob monte haut par-dessus les adversaires et les fait reculer vers leur fond. La chiquita reste basse et courte, et les cloue au filet sur une volée difficile.

Le choix dépend du placement adverse. Si les deux joueurs sont collés au filet, bien avancés, le lob passe plus facilement dans leur dos : ils n'ont pas le temps de reculer. Si au contraire ils sont un peu reculés, entre le filet et la ligne de service, le lob risque d'être smashé et la chiquita devient le bon choix : l'espace au sol dans leurs pieds est ouvert.

CritèreLe lobLa chiquita
TrajectoireHaute, par-dessus les adversairesBasse et courte, dans les pieds
Effet viséFaire reculer vers le fondForcer une volée basse défensive
Adversaires collés au filetIdéal (passe dans le dos)Risqué (volée facile)
Adversaires reculésRisqué (smashable)Idéal (espace au sol ouvert)
DosageHauteur et profondeurPrécision au ras du filet
Suite logiqueMonter au filetMonter au filet

Retenez la règle simple : adversaires avancés, on lobe ; adversaires reculés ou mal placés, on chiquite. Et on alterne pour rester imprévisible.

La technique pas à pas

La chiquita se joue au toucher. Oubliez la puissance, elle est votre ennemie ici.

Préparation. Prise courte et basse, geste réduit. Pas d'armé ample comme sur un coup droit de fond. Vous préparez peu, vous accompagnez la balle plutôt que de la frapper.

Point de contact. Prenez la balle tôt, devant vous, sans reculer. Le contact se fait à hauteur basse. Vous poussez la balle vers l'avant, avec un geste contrôlé.

Effet. Deux écoles fonctionnent : à plat pour une trajectoire directe, ou avec une légère coupe (slice) pour freiner la balle et la faire retomber plus vite après le filet. La coupe légère est souvent plus sûre car elle raccourcit la balle et l'aplatit dans les pieds.

Trajectoire cible. La balle doit passer juste au-dessus de la bande du filet, pas trente centimètres au-dessus. Elle retombe vite et rebondit court, avant la ligne de service adverse. Vitesse minimale, précision maximale : c'est tout le paradoxe du coup.

Un repère utile pour progresser : si votre chiquita rebondit derrière la ligne de service adverse, elle est trop longue et l'adversaire la volleye tranquillement. Si elle touche le filet, vous avez trop dosé vers le bas. Le couloir de réussite est étroit, d'où l'importance de la répéter à l'entraînement.

Où viser précisément

Une chiquita sans cible claire est une chiquita ratée. Trois zones fonctionnent.

Dans les pieds d'un joueur. C'est la cible reine. La balle qui arrive juste devant les pieds oblige à une volée basse, coude collé au corps, sans amplitude. Personne n'aime cette volée.

Entre les deux joueurs. Vous créez l'hésitation : « à qui la balle ? ». Sur une balle basse et rapide, cette demi-seconde de flottement suffit à provoquer la faute ou la volée molle.

Vers le joueur le plus faible, et idéalement sur son revers. Une volée de revers basse est techniquement plus dure qu'un coup droit bas pour la plupart des joueurs. Repérez ce côté et matraquez-le.

Sur la direction, la chiquita croisée (en diagonale) est plus sûre que la parallèle : vous disposez de plus de terrain, le filet est plus bas au centre, et la marge d'erreur est plus grande. Gardez la parallèle pour surprendre, quand l'adversaire s'attend au croisé.

Le bon moment pour la sortir

La chiquita n'est pas un coup à jouer à tout moment. Elle demande une fenêtre précise.

Le moment idéal : vous défendez au fond, mais les adversaires au filet sont légèrement reculés, mal repositionnés après un échange, ou l'un des deux est un peu en retard. L'espace au sol dans leurs pieds est ouvert. C'est là que la chiquita fait mal.

Elle sert aussi de variation stratégique. Si vous avez enchaîné trois lobs, le duo adverse anticipe la balle haute et avance légèrement pour couper l'angle. La chiquita punit exactement ce placement : ils sont trop avancés pour descendre proprement sur la balle basse.

Enfin, jouez-la pour surprendre sur une balle où vous avez le temps de bien vous placer. La chiquita exige de la précision, donc de l'équilibre. Si vous êtes en pleine course, déséquilibré, oubliez-la et sécurisez avec un lob. Ce n'est pas un coup d'urgence.

Après la chiquita : monter au filet

C'est le point que la plupart des joueurs oublient, et c'est celui qui donne tout son sens au coup. Une bonne chiquita n'est pas une fin, c'est un déclencheur.

Dès que votre balle part propre et basse, l'adversaire est en difficulté : il va jouer une volée défensive, souvent molle et remontante. Vous devez profiter de cet instant pour avancer. Poussez sur vos appuis juste après le contact et gagnez du terrain vers le filet.

Si vous restez au fond après une bonne chiquita, vous gâchez l'avantage : l'adversaire se replace, remet une balle neutre, et vous repartez de zéro. En montant, vous transformez sa volée basse défensive en balle facile pour vous, au filet, en position dominante. La chiquita et la montée forment un seul geste tactique, pas deux actions séparées.

Chiquita de coup droit et de revers

La chiquita se joue des deux côtés, et chaque côté a ses contraintes.

En coup droit, le geste est plus naturel et le dosage plus facile pour la majorité des joueurs. Vous contrôlez bien la profondeur et vous pouvez ajouter la légère coupe sans effort. C'est souvent par là qu'on apprend le coup. Revoyez les bases du coup droit si le geste de fond n'est pas encore solide, car la chiquita en dérive.

En revers, la chiquita est plus technique. La prise et l'angle du tamis rendent le dosage moins intuitif, et beaucoup ont tendance à trop pousser, ce qui envoie la balle longue. Travaillez-la avec un geste vraiment court et un contact devant. Une fois maîtrisée, la chiquita de revers est précieuse car elle sécurise votre côté gauche (pour un droitier) sans avoir à contourner la balle.

Dans les deux cas, le principe reste identique : préparation minimale, contact devant, vitesse faible, balle au ras du filet.

Les erreurs qui plombent la chiquita

La chiquita est un coup à haut risque. Voici les fautes qui la transforment en balle cadeau.

ErreurConséquence
Balle trop hauteL'adversaire la prend au-dessus du filet et la smashe. Volée gagnante contre vous.
Trop de puissanceLa balle file longue, sort ou arrive à hauteur idéale pour être attaquée.
Mauvais momentAdversaires collés au filet : ils volleyent la balle basse sans difficulté.
Pas de montée aprèsVous rendez l'avantage : l'adversaire se replace et le point repart neutre.
Chiquita en déséquilibreSans appuis stables, la précision s'effondre et la balle devient attaquable.

Le fil conducteur de ces erreurs : on cherche à faire trop, trop fort, ou au mauvais moment. La chiquita punit l'impatience. Jouez-la seulement quand la fenêtre est là, avec un geste sobre.

Comment défendre une chiquita adverse

Vous êtes au filet, l'adversaire vous chiquite. Comment ne pas subir ?

Descendez sur la balle avec les jambes, pas avec le bras. Pliez les genoux pour amener le tamis sous la balle plutôt que de tendre le bras et lever le coude. Une volée basse propre se joue avec un tamis stable et un plan de frappe fixe.

Ne cherchez pas à attaquer une chiquita bien placée. La bonne réponse défensive, c'est une volée basse remise profond, ou un contre-lob si vous êtes vraiment en difficulté. Vouloir accélérer une balle basse au filet finit dans le filet ou en balle attaquable.

Anticipez par le placement. La meilleure défense reste de ne pas se faire prendre. Si vous tenez le filet en étant collé à la bande, vous couvrez mal la balle basse dans vos pieds. Un placement un peu plus reculé, juste devant la ligne de service, vous laisse le temps de descendre sur la chiquita tout en restant en position de volée.

Enfin, lisez le geste adverse : une préparation courte et basse au fond de court annonce souvent la chiquita. Ce signal vous fait fléchir les jambes une fraction de seconde plus tôt, et ça change tout sur une balle rasante.

Chiquita, amortie et dejada : ne pas confondre

On mélange souvent ces coups courts, qui n'ont ni la même origine ni le même but. La chiquita se joue depuis le fond, vers les pieds des adversaires au filet : c'est un coup de transition qui force une volée basse.

L'amortie (ou dejada) se joue près du filet, pour déposer une balle très courte juste derrière le filet, hors de portée d'adversaires reculés au fond : c'est un coup de finition. La distance et l'intention sont opposées : la chiquita part de loin pour piéger un joueur proche, l'amortie part de près pour piéger un joueur loin.

Point commun : les deux se jouent au toucher, sans puissance, et récompensent la même qualité de main. Travailler l'une aiguise le dosage utile à l'autre.

Comment travailler la chiquita à l'entraînement

La chiquita se construit par la répétition ciblée. Exercice de base : un partenaire au filet, vous au fond, vous ne jouez que des chiquites sans chercher le point. Consigne unique : la balle doit rebondir avant la ligne de service, dans une zone marquée au sol devant ses pieds. Comptez vos réussites sur vingt balles pour voir si votre dosage est trop long ou trop court.

Ajoutez la montée : chaque chiquita réussie déclenche votre montée au filet, pour connecter geste et déplacement en un réflexe unique. Variez les cibles : pieds droite, pieds gauche, entre les deux joueurs, en priorité le croisé puis la parallèle.

Si vous débutez, sécurisez vos coups de base et votre lob avant d'investir sur la chiquita, qui reste un coup de niveau intermédiaire à avancé. Notre guide pour débuter le padel pose les fondations.

Questions frequentes

Qu'est-ce qu'une chiquita au padel ? C'est un coup d'attaque bas et court, joué depuis le fond de court, dont la balle vient mourir dans les pieds des adversaires montés au filet. Elle passe juste au-dessus de la bande et retombe vite, avant la ligne de service adverse. Son but n'est pas de marquer directement mais de forcer une volée basse défensive pour reprendre l'initiative et monter au filet.

Comment faire une chiquita au padel ? Préparation courte et basse, geste contrôlé sans puissance. Prenez la balle tôt et devant vous, à hauteur basse, en poussant vers l'avant. À plat ou avec une légère coupe pour freiner la balle. La trajectoire doit passer au ras du filet et rebondir court, dans les pieds de l'adversaire. Vitesse faible, précision maximale.

Quand faire une chiquita ? Quand vous défendez au fond et que les adversaires au filet sont légèrement reculés ou mal placés, laissant l'espace au sol ouvert dans leurs pieds. Aussi comme variation quand vos lobs deviennent prévisibles. Évitez-la si les adversaires sont collés au filet ou si vous êtes en déséquilibre : c'est un coup qui demande de l'équilibre et de la précision.

Que signifie « chiquita » au padel ? Chiquita veut dire « petite » en espagnol. Le nom décrit le coup : une balle courte, discrète, sans puissance, qui casse le rythme et vient piéger les adversaires au filet. Le padel étant né et développé dans le monde hispanophone, une grande partie de son vocabulaire technique reste en espagnol.

Chiquita ou lob, quand choisir ? Regardez le placement adverse. Si les deux joueurs sont collés au filet, le lob passe plus facilement dans leur dos car ils n'ont pas le temps de reculer. S'ils sont un peu reculés, le lob risque d'être smashé et la chiquita devient le bon choix : l'espace au sol dans leurs pieds est ouvert. Et on alterne les deux pour rester imprévisible.

Comment défendre une chiquita ? Descendez sur la balle avec les jambes en pliant les genoux, pas en tendant le bras. Ne cherchez pas à attaquer une chiquita bien placée : remettez une volée basse profonde ou un contre-lob si besoin. Anticipez par le placement en restant juste devant la ligne de service plutôt que collé à la bande, ce qui vous laisse le temps de descendre sur la balle basse.

La chiquita est-elle un coup difficile ? Oui, c'est un coup à haut risque et haute récompense. La marge est étroite : trop haute elle est smashée, trop longue elle est volleyée facilement, trop courte elle touche le filet. Elle demande un dosage fin, de l'équilibre et un bon timing. On la classe comme un coup de niveau intermédiaire à avancé, à travailler après les coups de base et le lob.

Faut-il monter au filet après une chiquita ? Oui, c'est indispensable. Une bonne chiquita met l'adversaire en volée basse défensive : il renvoie souvent une balle molle. Si vous restez au fond, il se replace et le point repart neutre, vous avez gâché l'avantage. En montant, vous transformez sa volée défensive en balle facile pour vous, au filet, en position dominante. Chiquita et montée forment un seul geste tactique.

Quelle est la différence entre une chiquita et une amortie ? La chiquita se joue depuis le fond de court vers les pieds des adversaires au filet, c'est un coup de transition. L'amortie (ou dejada) se joue près du filet pour déposer une balle très courte, hors de portée d'adversaires reculés au fond, c'est un coup de finition. Les deux se jouent au toucher, mais répondent à des situations inverses.

Vaut-il mieux jouer la chiquita croisée ou parallèle ? La croisée (en diagonale) est plus sûre : vous avez plus de terrain, le filet est plus bas au centre, et la marge d'erreur est plus grande. Gardez la parallèle pour surprendre, quand l'adversaire s'attend au croisé. Débutez toujours par la croisée pour construire votre confiance sur le coup.

Quel type de raquette pour bien jouer la chiquita ? Une pala ronde et orientée contrôle facilite le dosage fin que la chiquita exige, car elle offre un plan de frappe plus tolérant et un meilleur toucher. Les raquettes très puissantes ou en forme de diamant, taillées pour l'attaque, rendent le dosage bas plus délicat. Si vous voulez soigner votre jeu de précision, une raquette de contrôle est un vrai atout.